Selon les derniers chiffres d’Eurostat, la Belgique a recyclé 58,2 % de ses déchets d’emballages plastiques en 2024. Elle se classe ainsi 2e de l’Union européenne et fait partie des trois seuls pays qui atteignent déjà l’objectif européen fixé pour 2030. Mais que mesurent exactement ces chiffres ?
Pour bien les lire, trois précisions s’imposent :
- Eurostat mesure l’ensemble des emballages mis sur le marché belge : les emballages ménagers, mais aussi ceux des entreprises (emballages industriels et commerciaux), y compris les emballages réutilisables et ceux d’entreprises qui ne sont affiliées ni à Fost Plus ni à Valipac.
- Les données sont publiées environ deux ans après l’année concernée.
- Enfin, ces chiffres sont soumis à un processus de validation, par EPRiBEL puis par Eurostat. Avec 58,2 % en 2023 comme en 2024, la performance belge est stable.
Avec 58,2 %, la Belgique dépasse de près de 16 points la moyenne européenne, qui s’établit à 42,4 %. Seules la Lettonie (71 %) et la Pologne (56 %) franchissent elles aussi la barre des 55 % de recyclage exigée par l’Europe d’ici 2030.
Et du côté des emballages ménagers ?
Si l’on regarde uniquement les emballages ménagers, nos propres chiffres montrent aussi de très bons résultats : en 2025, le taux de recyclage des emballages plastiques ménagers a atteint 74 % – un taux calculé par rapport aux quantités mises sur le marché par nos membres.
Ce résultat est avant tout collectif. Il repose d’abord sur l’engagement de toutes celles et tous ceux qui trient chaque jour leurs emballages : chaque Belge dépose en moyenne 26 kg de PMC par an dans le sac PMC, qui accepte depuis 2021 presque tous les emballages plastiques ménagers, des pots de yaourt aux films et sachets.
Ce geste de tri alimente ensuite toute une chaîne, que Fost Plus coordonne en chef d’orchestre : les intercommunales collectent, six centres de tri belges trient le contenu des sacs en 16 flux différents, et les recycleurs donnent une seconde vie à la matière, de plus en plus souvent en Belgique même.
Cette chaîne est financée par les entreprises qui mettent des emballages sur le marché. Leur contribution est modulée : plus un emballage est difficile à recycler, plus il coûte cher. Résultat : plus de 99 % des emballages ménagers mis sur le marché par nos membres sont aujourd’hui recyclables.
Les défis pour les prochaines années
Ces chiffres sont une bonne nouvelle, et ils ne doivent rien au hasard. En Belgique, un seul organisme gère les emballages ménagers (Fost Plus) et un seul les emballages industriels et commerciaux (Valipac).
Selon une étude récente d’EUROPEN, les pays organisés de cette façon atteignent en moyenne des taux de recyclage plus élevés. Ce modèle permet aussi de relever plus vite et de manière plus cohérente les défis qui subsistent :
Car on ne peut pas se reposer sur nos lauriers : Fost Plus identifie entre autres trois chantiers pour les prochaines années.
- Recycler tout ce qui est trié. Certains emballages acceptés dans le sac PMC, comme des pochons multicouches ou certains emballages noirs, restent difficiles à recycler. Or, quand les citoyens trient correctement mais que leurs emballages ne sont pas recyclés, leur confiance s’effrite. D’où l’importance de concevoir des emballages adaptés aux filières de recyclage existantes.
- Recycler à grande échelle tous les matériaux. Le polystyrène, utilisé par exemple pour certains pots de yaourt ou barquettes de viande, n’est recyclé qu’à 32 %. À partir de 2035, l’Europe exigera au moins 55 % pour qu’un emballage soit considéré comme recyclable. Il faut donc accélérer, pour que ce matériau garde sa place sur le marché.
- Donner un débouché à la matière recyclée. Recycler, c’est une première étape. La suivante, c’est que la matière recyclée serve à fabriquer de nouveaux emballages. La Belgique dispose déjà des capacités de recyclage nécessaires. L’enjeu est maintenant d’encourager les fabricants à utiliser davantage de plastique recyclé pour refermer la boucle.
Retrouvez tous les chiffres 2025 pour les emballages ménagers dans notre rapport d’activité.