Un seul organisme REP, de meilleurs taux de recyclage : ce que prouve le modèle belge

 

À partir de 2030, le règlement européen relatif aux emballages et aux déchets d’emballages (PPWR) impose à tous les États membres des objectifs contraignants en matière de recyclage et d’utilisation de matières recyclées. La capacité d’un pays à atteindre ces objectifs dépend largement de l’organisation de son système de responsabilité élargie des producteurs (REP). Un seul organisme REP par flux de déchets est-il plus performant, ou un marché comptant plusieurs PRO (Producer Responsibility Organisations) concurrents fait-il aussi bien ? Une récente étude EUROPEN apporte une réponse claire. La Belgique, avec Fost Plus comme PRO unique pour les emballages ménagers, illustre parfaitement pourquoi.

 

Ce n’est pas le marché en soi, mais la rapidité de décision

L’étude EUROPEN dresse un constat nuancé : la structure du marché n’est pas en soi déterminante pour les performances de recyclage. Ce qui compte, c’est la rapidité, la maîtrise des coûts et la simplicité avec lesquelles un système peut faire quatre choix de conception qui s’avèrent partout décisifs : l’écomodulation, la couverture nationale, l’infrastructure de tri et la transparence financière. C’est précisément là que le modèle à PRO unique présente un avantage structurel. Une seule organisation qui pilote l’ensemble de la chaîne de collecte et de tri peut actionner ces leviers plus rapidement qu’un ensemble d’opérateurs concurrents appliquant chacun leur propre logique tarifaire et leurs propres contrats.

 

Ce que cela donne en pratique 

Fost Plus montre que cet avantage n’a rien de théorique. Sur les quatre piliers : 

  1. Écomodulation granulaire : 16 catégories tarifaires distinctes pour les emballages en plastique, de 0,36 €/kg pour les bouteilles en PET transparent à un tarif dissuasif de 4,4 €/kg pour les emballages non recyclables. Selon l’étude, c’est précisément cette granularité qui prédit le mieux les performances de recyclage. 
     
  2. Couverture nationale à 100 % : des contrats avec les 36 intercommunales de gestion des déchets garantissent un message de tri uniforme, en ville comme à la campagne.
     
  3. Infrastructure de tri robuste : entre 2019 et 2021, Fost Plus a fait passer de quatre à onze le nombre de flux de tri pour le plastique, et a également ajouté une nouvelle technologie pour les petits éléments en aluminium.
     
  4. Transparence financière : Fost Plus obtient le score maximal (6 sur 6) à l’indice de transparence EUROPEN, avec un lien contractuel entre les résultats de recyclage et les compensations versées aux intercommunales.

Le résultat : un taux de recyclage de 76 % pour les emballages en plastique souples, contre une moyenne européenne d’à peine 13,1 %. Entre 2020 et 2021, la part du plastique traité localement est passée de 9 % à 75 %, avec six sites opérationnels d’ici fin 2026. La quantité d’emballages non recyclables sur le marché belge a chuté de 20 000 à 7 000 tonnes entre 2019 et 2024. 

 

Pas de victoire sans efforts 

Une position crédible reconnaît aussi ce qui ne fonctionne pas encore. Une partie des emballages admis dans le sac PMC n’est pas encore recyclée, ou insuffisamment, dans la pratique, ce qui risque d’entamer la confiance du consommateur dans le message de tri. Pour le polystyrène (PS, XPS, EPS), la Belgique atteint aujourd’hui 32 % de recyclage, bien en deçà du seuil de 55 % pour le recyclage à grande échelle que le PPWR impose d’ici 2035. L’incorporation de matières recyclées dans les emballages ménagers reste aussi un défi tant qu’elle repose sur une base volontaire plutôt que sur une différenciation tarifaire spécifique.

Ces points ne sapent pas l’argument. Au contraire, ils confirment qu’un modèle à PRO unique peut s’ajuster plus rapidement et de manière plus cohérente qu’un marché fragmenté.

La Belgique affiche aujourd’hui le taux de recyclage le plus élevé de toute l’UE-27. Ce n’est pas un hasard, mais le résultat d’un système qui peut ajuster rapidement et de manière centralisée quatre leviers déterminants. Un modèle concurrentiel avec plusieurs PRO pourrait en théorie atteindre le même niveau, mais uniquement au prix d’investissements supplémentaires considérables (un registre central, une surveillance indépendante, une harmonisation imposée) qui sont tout simplement superflus dans un modèle à PRO unique. C’est la première d’une série de prises de position par lesquelles Fost Plus défend cette année un point de vue étayé et transparent sur les thèmes qui comptent le plus. 

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