Un sac d’expédition réutilisable avec consigne fonctionne dans l’e-commerce belge : lors du pilote EVERPAX, 80 % des sacs sont revenus. Vous vendez en ligne ? Le pilote montre à quelles conditions le réemploi peut aussi devenir viable pour votre entreprise.
Qu’est-ce que le pilote EVERPAX ?
Entre février et août 2026, huit partenaires ont testé un système de sacs d’expédition réutilisables avec consigne, sous le nom Bring Me Bag. Torfs et Juttu proposaient le sac dans leurs boutiques en ligne et leurs magasins. bpost assurait l’expédition et le retour, Twintag la technologie et la gestion du projet. ABC Packaging a fabriqué les sacs, l’Université d’Anvers a mené la recherche et VIL a apporté son expertise logistique. Vlaanderen Circulair a soutenu le projet.
Comment ça marche ? Au moment de payer, le client choisit entre un emballage d’expédition à usage unique et le sac réutilisable. S’il choisit le sac, il paie une consigne de 3,95 euros. Il la récupère intégralement en rapportant le sac vide : dans une boîte aux lettres rouge de bpost, dans un bureau de poste ou dans un magasin Torfs ou Juttu/A.S. Adventure. Un code QR unique sur chaque sac gère le remboursement et remet le sac en circulation.
Quels sont les résultats du pilote ?
En six mois, les partenaires ont enregistré 1 271 cycles complets. Les résultats sont conformes aux attentes, voire meilleurs :
- 80 % des sacs sont revenus.
- Le délai de rotation médian, de l’expédition au remboursement de la consigne, était de 12 jours.
- Seuls 0,5 % des sacs ont dû être nettoyés ou réparés entre deux cycles.
- 40 % des sacs sont revenus via un magasin.
Ce dernier chiffre découle du choix de faire de tous les magasins participants un point de retour. Combiné aux quelque 10 000 boîtes aux lettres rouges et 650 bureaux de poste de bpost, cela a bien fonctionné. Et les enseignes attirent ainsi des clients dans leurs magasins.
La visibilité compte aussi beaucoup. Quand Juttu affichait l’option réutilisable dans une pop-up, environ 10 % des clients la choisissaient. Sans pop-up, ce chiffre baissait nettement, alors que l’option restait disponible. Selon des résultats provisoires, 28 % des clients n’avaient pas remarqué l’option. La plupart des clients jugeaient la consigne raisonnable. L’Université d’Anvers finalisera cet automne l’analyse complète de l’enquête auprès des consommateurs.
Qu’est-ce que cela signifie pour votre entreprise ?
Pour les commandes en ligne, l’emballage représente 10 à 30 % des émissions de CO₂ de la livraison. La réglementation évolue elle aussi, avec en tête le Packaging and Packaging Waste Regulation (PPWR).
Le pilote montre que le réemploi fonctionne dans l’e-commerce sur le plan opérationnel. Il n’est pas encore rentable : le coût initial par sac était trop élevé par rapport au nombre de cycles attendu et au délai de retour. Le retour via les magasins représente la meilleure piste pour passer à l’échelle. Cela dit, le réemploi n’est pas toujours la meilleure option sur le plan environnemental. L’application et le contexte d’utilisation de votre produit jouent un rôle tout aussi important.
Sur la base des données du pilote, les partenaires ont construit un modèle de scénarios. Il met en évidence six leviers qui se renforcent mutuellement :
- Volume et optimisation des processus. Plus de volume réduit le coût par cycle. Des étapes du flux de retour peuvent être regroupées, et le tri et la manutention deviennent plus fiables.
- La confiance grâce à la consigne. Un remboursement rapide et automatique encourage l’utilisation.
- Une flexibilité maîtrisée. Standardiser là où c’est possible, en laissant de la place aux besoins des enseignes et des types de produits.
- L’automatisation. Le pilote s’est déroulé en grande partie manuellement. À plus grande échelle, le sac s’intègre dans des processus déjà automatisés aujourd’hui.
- Un identifiant numérique. Un sac peut partir de chez une enseigne et revenir chez une autre, avec un remboursement correct au bon client.
- Un écosystème ouvert. Une plateforme à laquelle chaque acteur contribue et que de nouveaux acteurs peuvent facilement rejoindre.
Ensemble, ces leviers forment une hypothèse pour le business case, qui doit encore être confirmée à plus grande échelle. La question ouverte : comment répartir les coûts et les revenus sur l’ensemble de la chaîne, pour que chaque partie conserve un solde viable ?
Comment Fost Plus vous aide-t-il ?
Dans le cadre du pilote, nous avons apporté notre expertise sur les modèles économiques circulaires et le PPWR :
- Nous avons évalué le sac au regard des futures exigences du PPWR et du design-for-recycling. À long terme, le sac n’est pas encore entièrement conforme. Nous avons identifié comment y remédier.
- Nous avons calculé les coûts et les revenus par sac. Cela a conduit à deux choix : un autre fournisseur d’emballages et un autre réseau de retour, avec tous les magasins comme points de retour.
- Nous avons conseillé sur des instructions claires pour le consommateur et sur le logo de réemploi courant en Belgique.
- Nous avons impliqué les centres de tri. Ils signalaient les sacs qui se retrouvaient malgré tout dans le sac bleu, ce qui nous a permis de suivre l’utilisation de près.
Les partenaires étudient maintenant une phase suivante, notamment avec d’autres enseignes. La plateforme reste disponible pour de nouveaux projets ou consortiums. Nous continuons à mettre notre expertise au service de systèmes de réemploi viables à grande échelle. Et nous voulons mieux comprendre le comportement des consommateurs, afin de lever les freins.
Découvrez tout sur le projet sur la page du REuseLab
Source du chiffre CO₂ : VUB Packaging Study (H. Buldeo Rai, 2024).