Opinion

Le « vite fait, bien fait » joue aussi des tours au secteur du recyclage : nos habitudes de tri doivent s'améliorer

 

Depuis la mise en service des lignes de tri, en 2022, le centre de tri Val'Up, à Ghlin, a connu une trentaine de départs de feu. Les coupables ? Une pile égarée, un jouet cassé ou une cartouche de gaz (hilarant) mal triés et jetés dans le sac PMC.  

Si nous extrapolons ce chiffre aux six centres de tri de PMC en Belgique, un incident dû à de mauvaises habitudes de tri se produit presque chaque jour – depuis des lignes bloquées par de gros objets jusqu'à des collaborateurs blessés par une aiguille dissimulée, en passant par des dégagements de fumée. En moyenne, chaque sac PMC contient trois erreurs de tri, ce qui représente, au total, 42 000 tonnes dans la dernière année. Ce que l'on sait moins, c'est que ce sont les entreprises qui paient la facture de ces erreurs de tri. 

Les entreprises supportent la totalité du coût de la collecte sélective, du tri et du recyclage de leurs emballages à usage unique, soit 336 millions d'euros par an au total. Fost Plus rembourse ainsi les intercommunales et opérateurs de déchets pour la collecte, les centres de tri et la mise en recyclage des emballages triés. Une augmentation du coût de la collecte et de l'incinération des matériaux mal triés sera au final inévitablement répercutée sur le consommateur. Sans parler du fait que les matériaux mal triés sont perdus, alors qu'ils auraient peut-être pu avoir une deuxième vie s'ils avaient été triés correctement. En fait, c'est toute la société qui paie pour les mauvaises habitudes de tri d'un individu.  

Pour les centres de tri tels que Val'Up, la situation est encore légèrement différente. Il est en effet à craindre qu'un incident anéantisse réellement un centre de tri. Une épée de Damoclès pèse dès lors sur le secteur ; les mesures de prévention prises avec les opérateurs privés et publics ne peuvent offrir qu'un faible contrepoids. Le risque persiste. Pour les infrastructures de haute technologie coûteuses. Pour le tri et, par conséquent, pour le recyclage des matériaux d'emballage. Et, surtout, pour toutes les personnes actives dans les secteurs de la collecte, du transport et du tri des déchets (d'emballages). Les assureurs font preuve de plus en plus de réticence vis-à-vis du secteur, ce qui n'est pas bon signe.  

Reste la question de la solution. Le thème a été abordé avec le ministre wallon de l'Environnement, Yves Coppieters, et son cabinet lors d'une visite chez Val'Up. Une constatation importante a été faite au cours de la visite guidée : la qualité du tri se dégrade. Et ce, au moment où le règlement européen relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, qui est à nos portes, impose de toujours mieux recycler et d'utiliser plus de matériaux recyclés. Le citoyen devra être conscientisé des conséquences de ses actes. Les intercommunales et les opérateurs de déchets devront contrôler encore plus strictement que le tri a été correctement réalisé à la source. Les entreprises devront faire en sorte que leurs emballages puissent être triés et recyclés de manière optimale. Et les autorités devront continuer à assumer leur responsabilité, en apportant la problématique auprès du citoyen et en veillant sur la répression.  

Pourquoi ? Parce que, au final, nous sommes tous responsables des ressources de notre planète que nous laissons aux générations futures.