La Belgique comme précurseur de l'économie circulaire

La Belgique comme précurseur de l'économie circulaire

Fost Plus souhaite construire une économie circulaire des emballages ménagers en Belgique en cinq ans. Augmentation de la collecte à la source et des pourcentages de recyclage et amélioration de la capacité de tri et de recyclage locale sont essentielles à cet égard. Le Managing Director Patrick Laevers explique la manière dont Fost Plus entend réaliser cette transformation.

La Belgique est généralement un bon élève quand on parle de recyclage des déchets d'emballages ménagers. Selon son rapport d'activité, Fost Plus a recyclé 727 000 tonnes d'emballages en 2019, ce qui représente un pourcentage de recyclage de 92,5 % et nous permet d'occuper la première place du classement européen.

Patrick Laevers

Nous pouvons et devons mieux faire  

L’heure n’est cependant pas venue de nous reposer sur nos lauriers selon Patrick  Laevers .   « Nous observons une forte prise de conscience au sujet de l’impact environnemental des emballages.   Tous sont aujourd'hui demandeurs d'emballages plus durables : consommateurs, producteurs et pouvoirs publics.   Les objectifs européens ne mentent pas.   En outre, ceux de la Belgique sont plus ambitieux encore. »  

Fost  Plus a élaboré un plan clair pour sa période d’agrément actuelle (2019-2023).   « Pour les emballages en plastique, nous voulons atteindre d’ici 2023 un pourcentage de recyclage de 65 %.   À titre de comparaison, il était encore de 43 % en 2018.   En 2019, nous avons atteint le premier jalon intermédiaire de 46 %.   Le plan amène en outre des responsabilités : tous les objectifs sont alignés à ceux des fédérations sectorielles. »  

Un élément qui change la donne  

L’introduction du Nouveau Sac Bleu en 2019 a permis au plan de passer à la vitesse supérieure.   En marge des emballages PMC classiques (bouteilles et flacons en plastique, emballages métalliques et conserves, et cartons à boissons), le Nouveau Sac Bleu peut également accueillir tous les emballages en plastique, donc aussi les pots de yaourt, les barquettes de beurre, les films et les sachets.   « Ce nouveau sac change la donne pour le recyclage », explique Patrick  Laevers .   « Lorsqu'il aura été déployé à l’ensemble du pays en 2021, près de 50 % d’emballages en plastique en plus seront collectés.   Par habitant, nous tirerons ainsi chaque année 8 kilogrammes supplémentaires des déchets résiduels. »  

Opportunités liées au coronavirus    

Les déchets d’emballages ne naissent pas qu’au domicile.   «  Il n’y a pas de raison que le tri en dehors du domicile soit plus compliqué qu’à la maison.   Cependant, trop de déchets d’emballages recyclables s’y retrouvent dans les déchets résiduels, et c’est déplorable, car ces matériaux échappent ainsi au recyclage. »  

Fost  Plus a donc décidé de consolider sa présence à l’extérieur du domicile.   L’accent porte avant toute chose sur le tri dans les entreprises, vu que c’est là que le potentiel est le plus important.   Cette approche a fait mouche.   « En 2019, nous avons déjà récolté 2 000 tonnes supplémentaires dans les entreprises.   Nous sommes donc sur la bonne voie pour réaliser notre objectif : doubler les tonnages collectés en dehors du domicile d’ici 2023. »  

Fost  Plus est également en train d’élaborer des solutions spécifiques pour d’autres secteurs, dont les aéroports, les clubs de football et le secteur événementiel.   « La crise du coronavirus a durement touché ces secteurs, différents projets ayant été mis en attente ou imaginés d'une autre façon.   Cette situation est également source d'opportunités.   Les activités qui se déroulent avec un effectif réduit permettent en effet une réorientation plus ciblée des projets pilotes. »  

Boost de l’économie locale    

L’offre n’est bien évidemment qu’un seul aspect de l’ensemble.   Une économie circulaire implique également que les matériaux collectés soient effectivement recyclés.   C'était déjà le cas pour tout ce qui était destiné au sac bleu, et ce le sera également pour le contenu du Nouveau Sac Bleu.   « Nous faisons le choix explicite d'investir dans une capacité de tri et de recyclage locale.   Et les avantages sont légion : vous évitez l’impact environnemental du transport sur une longue distance, il est nettement plus simple d’exercer un contrôle et des emplois se créent. »  

En 2019, nous avons lancé la construction de trois des cinq nouveaux centres de tri de haute technologie :   ProZero  à Evergem,  Indaver  à Willebroek et  Valodec  à Mons.   Ces trois premiers nouveaux centres de tri représentent ensemble un investissement de 300 millions d’euros et 250 nouveaux emplois.   Un joli boost de l’économie locale, qui se révèlera essentiel dans les années à venir.   « Et ce n’est que le début, car nous avons également conclu un contrat avec  Valtris  et nous sommes dans la dernière phase des négociations avec  Sitel . »   Les nouveaux centres de tri seront entièrement opérationnels en 2021, quand le Nouveau Sac Bleu sera introduit dans notre pays.  

Ces nouveaux centres de tri sont indispensables.   Le Nouveau Sac Bleu a en effet un impact notable sur le processus de tri.   « Alors que le sac PMC actuel est trié en huit fractions, ce nombre passe à pas moins de quatorze pour le Nouveau Sac Bleu.   Nous espérons encore augmenter ce chiffre dans les années à venir.   Ce n’est donc pas seulement une question de capacité, mais aussi de flexibilité.   Le tri de tous ces types de plastiques différents nécessite dès lors une nouvelle technologie avancée. »  

Nous mettons également tout en œuvre en coulisse pour créer une capacité de recyclage supplémentaire pour les emballages en plastique du Nouveau Sac Bleu.   « Aujourd’hui, tous les emballages que nous collectons sont recyclés en Europe, la majeure partie l’étant dans notre pays et dans nos pays voisins.   Grâce à des appels à projets adaptés, nous voulons créer la capacité de recyclage supplémentaire nécessaire pour les plastiques en Belgique.   C’est la raison pour laquelle nous avons notamment adapté les délais des contrats d’un à trois à neuf ans.   Les investissements dans des usines de recyclage en Belgique s’en trouvent ainsi nettement plus attrayants.   Nous le remarquons également aux premières réactions du secteur. »   L’attribution des contrats de recyclage est attendue à la fin de l’année.    

Anticipation flexible des tendances du marché    

Les emballages évoluent en continu – chaque jour, des nouveaux types d’emballages font leur entrée sur le marché.   Les technologies de recyclage, applications et débouchés pour matériaux recyclés sont par conséquent en mouvement continu.   Pour anticiper de manière fluide les dernières tendances, une collaboration intense avec toutes les parties de la chaîne s'impose.   Les acteurs locaux facilitent le démarrage des projets pilotes, et la méthode essai/erreur nous permet de trouver la solution de recyclage la plus optimale pour chaque emballage.  

L’économie circulaire n’est en d’autres termes pas une donnée statique.   « Ce qui aujourd’hui semble la meilleure solution ne le sera peut-être plus demain.   C’est également ce qui rend la matière si passionnante, car on n’en a jamais fini », conclut Patrick  Laevers .  

Cet article a été publié initalement sur Bloovi.be.